Interview de Julie Griffault, ingénieure d’études chez Sopra Steria

Interview de Julie Griffault, ingénieure d’études chez Sopra Steria

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Bonjour Julie, peux-tu te présenter en quelques mots  ?

Je suis Julie Griffault, diplômée la MIAGE de Bordeaux, promo 2016 ! Je travaille à Paris depuis bientôt 4 ans pour Sopra Steria en tant qu’ingénieur d’études dans le domaine de la banque et de la finance.

Pour le reste, continuez la lecture et vous en apprendrez davantage 🙂 

Quelles sont tes principales missions au sein de Sopra Steria aujourd’hui ?

Je suis Business Analyst sur un projet Agile de réglementation fiscale internationale pour lutter contre la fraude fiscale, pour CACIB – Crédit Agricole Corporate & Investment Bank depuis Juin 2019. Notre équipe IT est répartie entre Paris (Scrum Master et moi) et Singapour, en full anglais ! 

Je suis aussi “Manager Opérationnel” – un bien grand titre qui, pour résumer, signifie que je manage d’autres collaborateurs dans leur mission, les aide à avancer dans leur vie professionnelle et les conseiller dans leur choix futurs – je les représente également lors des instances RH.

Depuis le début, j’ai pu travailler sur des sujets annexes : participer aux entretiens d’embauches, intégrer le réseau Passer’Elles (programme Sopra Steria visant à promouvoir la mixité des parcours scientifiques et des métiers du numérique) et, durant 2 ans, j’ai été ambassadrice sur la plateforme Pathmotion (visant à mettre en relation de potentiels candidats et des salariés, pour répondre à leurs questions). Toutes ces expériences m’ont permises d’être ce que je suis dans le monde professionnel.

Qu’est-ce que la MIAGE a pu t’apporter qui te permet aujourd’hui de te distinguer sur le marché du travail, par rapport à une autre formation dans le domaine du numérique ?

Le diplôme MIAGE est un diplôme très connu, reconnu et apprécié des ESN. La capacité d’adaptation aux missions diverses et dans des domaines variés est sans doute la force principale de cette formation. 

La notion de “diplôme professionnalisant” est aussi importante. A Bordeaux, des cours étaient dispensés par des salariés d’entreprises, permettant ainsi de travailler sur des sujets plus pratiques, avec des notions propres aux entreprises et aussi d’échanger sur l’après avec ces intervenants. Les stages à faire tous les ans (3 mois en L3 – 4 mois en M1 et 6 mois en M2) nous ont permis de nous familiariser avec le concept de travail en entreprise avec ses atouts et ses contraintes, tout comme l’alternance et l’apprentissage.

Tu as effectué tes études à Bordeaux mais tu vis et travaille aujourd’hui à Paris, qu’est ce qui a motivé ton départ ?

Après un voyage aux Etats-Unis, je suis rentrée en fac et j’ai acté que mon cursus universitaire ne se ferait pas qu’à Bordeaux, il fallait que j’apprenne ailleurs. Cette décision était motivée par cette certitude que pour apprendre, il faut découvrir de nouvelles choses et bousculer le quotidien.

Pour mon stage de M2, j’ai postulé chez Sopra Steria UK, sans succès – mais ma décision de partir était intacte, j’ai donc candidaté à Paris. Je n’avais aucune idée de la durée de ma vie parisienne mais j’ai vite réalisé que pour m’épanouir il me fallait rester après le stage. 

Paris est une ville où l’on peut tout faire, moyennant de le vouloir et surtout se donner les moyens de réaliser ses objectifs. Tant sur les aspects personnels que professionnels, je sais que je n’aurais pas pu vivre ce que j’ai vécu ailleurs, j’ai rencontré des gens en or, vu des choses magiques, ai obtenue reconnaissance de la part de mes pairs et je continue à apprendre jour après jour. 

C’est ce qui me motive encore aujourd’hui à rester.

Un conseil pour les personnes envisageant ou hésitant à aller travailler dans une ville différente de celle de leur étude ?

N’hésitez pas une seule seconde – foncez. 

Et puis si vous vous rendez compte par la suite que cette vie ne vous correspond pas ou plus, changez. La vie est faite de rebondissements, d’instants saisis ou non et de remise en question perpétuelle. Changer de ville n’est pas une décision simple à prendre je le conçois, mais elle est nullement définitive et immuable. 

Si vous hésitez, profitez des stages pour tester de nouvelles villes, cela vous permettra de découvrir tout en ayant une date butoir permettant de changer par la suite.

Tu as également réalisé un semestre à l’étranger via un Erasmus, peux-tu nous en toucher quelques mots ?

Faites de même.

L’université nous offre ici la plus belle opportunité de nos vies et trop peu d’entre nous en profitent.

Cette expérience, je pourrais en parler pendant des heures que cela n’arriverait même pas à refléter le dixième de ce que j’ai vécu. Erasmus ce n’est pas seulement partir étudier à l’étranger – c’est aussi s’intégrer dans un tout – un tout qui n’était pas le vôtre auparavant – pour lequel vous ne voudrez plus en partir – et qui vous changera profondément.

Cette expérience a été pour moi les 4 plus beaux mois de ma vie – toute période confondue. J’ai intégré une université extraordinaire, aux méthodes de travail tellement plus avancées que les nôtres. J’y ai rencontré des personnes incroyables et j’ai vécu des moments inoubliables en voyageant et en apprenant de nouvelles choses, sur mes études, sur le monde qui nous entoure, sur les cultures différentes des nôtres, sur les autres – mais j’ai surtout énormément appris sur moi et je me suis découverte à 100%.

Quel a été ton engagement associatif durant tes études en MIAGE ?

Tout a commencé lors de la soirée d’intégration en Licence 3, en Septembre 2013 !  Durant ce moment, on se voyait attribuer au hasard un parrain/marraine de M1. Je suis tombée sur le président de l’AMB. Sans cela, mon parcours aurait été bien différent ! Merci Romain !

Cette même année, je me suis engagée dans la campagne électorale pour intégrer le conseil d’Administration de l’Université de Bordeaux, avec succès. 

En master 1, j’ai été membre de l’AMB sur le pôle “Représentation des Elus”. J’ai commencé à participer aux sujets élus/affaires académiques  de MIAGE Connection; qui ont aboutis notamment à la création du collège C, dédié aux élus miagistes.

Et pour finir, en Mars 2016, alors en Master 2 ; j’ai intégré MIAGE Connection en tant que chargée de mission “Relation FAGE” dans le pôle Affaires Académiques et Enseignement Supérieur.

Aujourd’hui, tu continues d’être engagée au niveau de l’associatif miagiste, peux-tu nous en dire plus ?

Depuis février 2018, je suis secrétaire de l’asso MIP – Miagiste Importé à Paname – qui est chargée d’accueillir et de fédérer les étudiants et diplômés de MIAGE travaillants ou étudiants à Paris. Nous organisons des afterworks, des apéro-business et d’autres activités pour permettre à tous de nous retrouver régulièrement.

On entend beaucoup parler du manque de femmes dans les milieux scientifiques, notamment en informatique. Quel a été ton ressenti à ce propos durant tes études ? Et aujourd’hui dans le monde du travail ?

J’ai évolué dans un cadre scientifique, peu importait que tu sois fille ou garçon, réveil rimait avec tables de multiplication, couper une tarte nécessitait de connaître Cosinus (72°) et où peindre faisait travailler la suite de Fibonacci. Dû à ça, depuis toujours, pour moi une femme peut évoluer dans les milieux scientifiques. Elle va cependant devoir travailler plus dur, non pas à cause de son potentiel, de ses capacités ou de son intellect, mais à cause des stéréotypes et des aprioris que tous nous véhiculons, consciemment ou non, à travers le verbal, le paraverbal et le non verbal. 

Malgré mes convictions, je ne me suis guère étonnée, arrivée en licence informatique, du faible taux d’étudiantes (entre 7 et 10%). Tout simplement parce que j’étais pleine de stéréotypes sur les femmes en sciences, plus particulièrement en informatique. 

Je cataloguais et jugeais ces étudiantes comme des “geek”, vivant pour leur bout de codes, ne jouant et ne s’intéressant qu’aux jeux vidéos, peu sociables et souvent peu intéressantes, bloquées dans un monde que j’avais nullement envie de connaître et t’intégrer. Mon ressenti n’a fait que galvaniser ces aprioris. Il y avait peu d’étudiantes, c’était forcément pour une raison évidente – elle était toute trouvée.

Ensuite, mon ressenti n’a cessé d’évoluer, en bien. En MIAGE, plus de 30% de la promo était des femmes. J’ai vite compris que le manque de femmes en sciences n’était pas dû aux femmes et à ce qu’elles étaient, mais à cause de ces stéréotypes qui évitaient aux femmes de s’orienter dans ces filières, de peur d’être catégorisées comme je l’avais fait.

Ce ressenti, je le partage toujours aujourd’hui mais il est sans doute plus mesuré. Dans mon travail, la part homme/femme est quasiment égalitaire – dans mon ancien poste, il y avait plus de femmes que d’hommes ! 

Ce que j’essaye de dire c’est que le ressenti nous est certes propre, mais il est basé sur des années d’expériences, d’actes, de remarques, d’attitudes, prodigués par les Hommes envers les femmes, pour qu’elles-mêmes n’aient pas envie/ne se sentent pas à la hauteur des études dans le monde scientifique, et donc d’avoir les capacités de travailler dans des domaines où l’homme règne en maître depuis des siècles.

NB : Un livre très intéressant sur le sujet est « Ni vues ni connues” du « Collectif Georgettes Sand ». Il retrace la vie de femmes qui ont été tout bonnement effacées de la mémoire collective au profit d’hommes.

MIAGE Connection s’engage à propos de cette problématique afin que les femmes soient mieux représentées en MIAGE. As-tu un avis sur le rôle que les étudiants et diplômés ont à jouer dans ce cadre-là ?

Si l’on veut plus de femmes en MIAGE, il faut plus de femmes avec des cursus scientifiques. Mais si déjà là ça pèche, jamais cela ne fonctionnera. 

A mon avis, le travail se fait dès le plus jeune âge, et doit continuer tout au long de l’apprentissage/l’épanouissement de l’enfant, et pour tous les enfants. Je me refuse à croire que nous devrions mettre l’accent sur les filles/femmes ; nous devrions avoir les même attitudes et attentes envers chacun.

Les étudiants et diplômés ont un rôle à jouer bien évidemment, mais plus comme des témoins de ce qui est faisable, réalisable par la suite. Selon moi, les étudiants devraient parler de leurs expériences aux lycéens, lors d’interventions en classes pour échanger entre eux. Les jeunes diplômés pourraient faire de même pour les 1er et 2ième années universitaires, pour promouvoir les femmes en MIAGE et les conforter dans leur choix de filière.

Peut-être as-tu un mot à dire aux femmes qui hésitent à se lancer dans des études ou une carrière professionnelle liée à l’informatique ?

Aujourd’hui, on ne met pas assez en avant les carrières se basant sur l’informatique ainsi que la multitude de domaines où le numérique est utilisé. Travailler dans le domaine du luxe, de l’environnement, des transports, de la santé, militaire est possible à partir d’un cursus universitaire dans l’informatique !

Je suis une femme, je fais de l’informatique mais au-delà de ça, je fais de l’informatique dans le domaine que j’ai choisi – choisissez votre domaine, l’informatique est juste un parcours qui vous mènera à vos envies. L’informatique n’est pas un métier, c’est une façon d’exercer le métier que vous avez choisi. Alors foncez !

Quel est pour toi le secret d’une carrière professionnelle et personnelle réussie ?

Le jour où je le saurais, je vendrais ce secret au plus offrant, en attendant, je lis des livres sur le développement personnel !

Interview réalisée le 18 février 2020 par Emeric Barrau, VP Alumni 2019 de MIAGE Connection

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